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Prends une douche et sors. Je suis à peine sur le perron.
Tut, Tut........Tut, tut........ ?
Mon flux sanguin vire à l’hypertension. Regarde autour de moi, recommence à fixer les gens. Je suis sur la défensive. On le ressent, ce ressentiment. Cette faiblesse. Le regard tantôt interrogateur, tantôt méchant. Un pitbull tenu par une laisse invisible. Le verre, le klaxon et la toux sont mes codes de discrimination. Marseille, ville animée quelque soit la saison. Il y fait bon. Marche vers la bonne mère, protectrice des marins. Mon radeau prenait l’eau ; le mal de mer. Je m’assieds sur un banc, médite sur mon sort. Me demande quels sont mes erreurs. Y réfléchis. C’est trop tard. La vengeance est omniprésente.
Tut, tut !
Heureusement en février la grippe est passée. Le soleil brille. Peu de personnes toussent.
L’ambiance est à l’introspection, l’odeur de cierges nous rappelle ou nous sommes. Dans une quête. Savoir qui on est, pourquoi on est là, sur cette planète. Descendons-nous du singe ou de l’anguille ? On l’oublie le seuil franchit, les influences extérieurs de la vie contemporaine reprennent le dessus.
Qu’est ce que je vais faire à manger ?
Bricoler dans le garage.
Qu’est ce que me reprochent mes voisins ? De racisme ! Ridicule l'un de mes meilleures amis s'appelle Mohammed. D'être gay. C'est petit !
J’ai brûlé la mèche, la cire fond. Le sablier est en marche. Mon destin aussi.
A vingt trois heures, habillé d’un pull et d’un treilli. Je décide d’aller prendre un verre dans un bar pas très loin. En remontant l’avenue. A cinq cent mètres de l’appartement. Un groupe de quatre «loulou» m’accoste. Je réponds ; règle une. Ne pas faire le fier. Continué à marcher en parlant ; règle deux. Je m’arrête sans m’en rendre compte. Une main fouille ma poche de pantalon. Que je repousse lentement. S’aperçoivent à mon accent étranger ; un touriste. Je tchatche, marche à nouveau. Ils me suivent. J’interpose un espace entre nous. Au bout de dix minutes, lachent l’affaire. Dégoûté, je rentre. Steph pianote sur son ordinateur portable. Surpris de revoir mon retour vingt minutes après ma sortie. Je lui donne la raison. Me reproche la règle deux. Vais m’allonger. A demain.
Dimanche huit heures du matin, miss talon aiguille joue du flamenco. Il pleut. Aiku mord mes orteilles. Des dents de lait incisivent. Dany ferme bruyamment la porte de sa chambre. La radio parle.
La porte d’entrée claque en duo avec celle que ferme Stéphane. Après quelques câlineries canine. Je m’extirpe du lit. Dany ramène l’odeur de pain frais à la maison. Un café, je reviens à la vie. Mon coeur bat rapidement ; une extrasystole. Stressé, pas bien réveillé. Romps le silence.
- vous faites quoi aujourd’hui ?
- on pourrais aller ce promener au Goudes
 Me dit Steph.
- parfait. A quelle heure pour le départ ?
- à quatorze heures.
Retourne traîné dans ma chambre. M’isolé. Pioche un livre par hasard dans la bibliothèque murale. Tombe sur la sexualité du pied !!! Rigole. En tire un autre sur l’art contemporain en Israel. Le feuillette. M’y plonge malgré la musique techno du voisin. Stephane, peste. Tout résonne en écho. M’encire les oreilles avec «qui est ce». Je remarque mes bruits intérieur ; ma respiration, les battements de mon myocarde. Angoissant. La rythmique s’emballe. Un vertige. M’affale sur le lit. Comate ainsi jusqu’à midi. Un déjeuner frugal et nous voilà partis. Au bout du bout, une impasse ; les Goudes. Une crique, des bateaux, la montagne. Un écrin. La vertue naturelle entre dans mes poumons. Me revigore. L’air marin ; l’activation de mes muscles me rappellent ce que j’aime. Aiku fait la folle. Nous les hétéros. Leurs regards reflètent l’inquiétude. Après la promenade, on mange un gâteau à prix d’or. Ils me ramènent à la gare routière. Trois quart d'heure de route en car, à travers les villages typique et le maquis. Pense à sortir avant le terminus à la baraque à frites graffitée. Longe le rivage.
Tut, tut.
La mer, le ciel bleu n’arrive plus à me calmer. Mes pensées divaguent. Un véritable tsunami mental. Le doute me ronge. La balade ce transforme en corvée. Je ne me sens plus protégé à l’extérieur. Je m’attends qu’à n’importe quel moment. Quelqu’un surgit ; me fait sentir qu’il me connaît. Ce gratte les couilles. Marche vite. Ne croise personne de la résidence. Tant mieux, marre des mimiques railleuses. Surtout de celui qui vit au rez de chaussée, à l’autre extrémité. Trop content de voire que le mec qui lui à collé une prune. A un fils pédé; un sous homme, du bas de gamme.
Ferme à double tour. Commence une nouvelle routine sonore et les visites de ma voisine. Souvent proche du dîner. Attitude canine. Elle rode autour des gamelles.
En signe de bon voisinage, je prépare une quiche au potiron. Une part pour Francine, pour la remercier des courses. Pour Christophe qui me permet de regarder mes mails. On discute un peu. Comme d’habitude par naïveté et franchise. Je me dévoile. Je le crois sincère.
Un mardi mes deux marseillais préférés débarquent pour un souper. Je parle à voix basse, chuchote presque. Soupçonnant des écoutes indiscrètes. On entends aucun bruit, les mouches volent. Tous le monde bois nos paroles. Le voisin du dessous est peut être à nouveau grimpé sur une chaise pour espionné. Comme on l’a déjà vu faire. Il observait ses voisins d’à coté. Pour une fois c’est chez moi que l’on s’agitait.
Le verre tinte à Strasbourg.
Sympathique repas, tranquille. En compagnie des fantômes familiaux qui guettent mes gestes et mes dires. Aiku sent la présence d’Abricot. Je verrais bien demain la réaction de mes voisins ; à leurs attitudes. Qui ne tarda pas. Christophe prend son petit déjeuner sans ce gêné de l’heure. Met mes bouchons. N’en parlons plus.
Tut, tut c’est le moment de ce lever. Dehors c’est la cacophonie. Sept heures trente, en chemin pour le travail. Les ciotadins manifestent. M’enfonce plus profondément mes protections.
Des cauchemars vivant me réveille en sursaut.
Une nouvelle journée commence. Tut, tut !
J’aime peindre le matin. Assez satisfait de ce que je peux produire. Cet sensation étrange de la création. C’est moi qui l’ai fait. Un détail me perturbe. J’en fait une fixette. Le genou ressemble à un sexe masculin !!! Raté. Je badigeonne la peinture, un cache misère. Refait plusieurs fois le corps et le fond. Malgré les protestation de Francine, le trouvant mieux avant. Je le trouvait trop traditionnel. J’ai barbouillé nerveusement, utilisant la toile comme défouloir de mon désespoir. Il s’appelle «faux départ».
L’après midi je fais une pause café sur le banc. Silencieux. Je bois et réfléchis ; la cigarette ne me manque pas. Une addiction, c’est con. La porte d’en bas, chez les Harrar. Une voix d’une jeune femme.
- je t’aurais prévenu. Tant pis pour toi s’il te pogne comme le voisin. Si tu touche à son fils attention à toi. Tu n’a qu’à lui parler!
Elle fait allusion à la bagarre entre mon père et l’ambulancier. Discute de moi en prévenant son père, ou son frère. Je ne sais pas. En tous cas il s’agit de moi. Je comprends mieux maintenant le pourquoi de ces réveils en fanfare, l’agitation dés que je mets la tv ou la radio. Les portes qui claquent. Tous ce tient. Le problème ce déplace dans le sud. J’ai besoin de soutien. Me rends à l’internet café. Le responsable me donne un siège à contre coeur. Me fait payer à la seconde près, alors qu’il me laissait déborder sans supplément. La rumeur continue ses ravages.
Au revoir. Aucune réponse. J’ai compris. Mes prochains passages furent accueilli aussi froidement. Des regard en biais, une vision restreinte typique de l'observateur hypocrite. Ses yeux sont durs.
N’y alla plus, évite le centre. J’irais chez le voisin.  Qui me trahit une après midi alors que je faisais la sieste. Il rentre chez lui en compagnie de sa juliette. J’ai tout entendu. Sans bruit, j’espionne à mon tour leur conversation. Bouge à pas de loup.  Bouscule un objet. Il tombe, ce fracasse sur le sol. Un ange passe. Je l’attrape et je. Souris de ma duperie. Il est bon d’inverser les roles. Il m’évita pendant un moment. Souria niaisement à chacune de nos rencontres. Hypocritement, je joua le jeu de mes nouveaux acolytes. Joa arriva la dernière semaine de mon séjour.
A la gare Saint Charles, je cherche le quai d’arrivé. Une voix suave annonce une demie heure de retard. Un A répond au téléphone en me regardant.
- il est là ! Le train arrive à 19H30.
Il alpague les deux personnes devant moi. Leur demande distinctement.
- C’est bien la voie sept le train de Strasbourg ?
- non, il vient de Lyon.
Le tgv de Joaquim ; qui vient de Strasbourg. Le message est passé. Je fais comme si de rien n’étais. Lui sourie bêtement. Part m’acheter des clopes pour soigner mes nerfs.
Ils savent où et quand j’y suis. C'est claire maintenant dans mon esprit.
Jo fait la gueule. Mécontent d’avoir du venir. Dépenser de l’argent inutilement. On passe une nuit à Marseille sous tension.
Dans le bus les langues ce délient.
- ça va Phil ?
- ça peut aller. J’ai juste l’impression que cela continue içi.
- oh, non Philippe. Ne recommence pas, s’il te plait. J’en ai assez.
Les voisins sont sympa ?
- oui, des faux culs comme partout, c’est sonore aussi. Les voisins du dessous ne sont pas cool.
Et toi, comment vas ?
- je m’inquiéte pour toi
- pas la peine. J’avais juste besoin d’un break.
On dialogue en allemand dans l’appartement. Personne comprend. Une bulle d’air. La voisine qui pointe le bout de sa truffe. Elle a flairé le scoop. Lui présente
- un ami Joaquim, un portugais teuton
Elle sourie, complice. Va promener Abricot. Le calme règne. Une dispute éclate. Je parle d’un sujet tabou. Les voisins et la manigance du dessous.
On reste quatre jours aux sons des klaxons ; des suspicions. Une nuit à Massalia et retour à la case départ. Pas le temps de déposer les valises, que le sons des bouteilles de verre résonnent.
Me retrouve dans cette dépression ; un trou d’air.
Un raclement remonte la paroi. D’autres verres. Je reconnais la salopette bleue et rouge des agents de la ville. Marche fièrement, lentement leur forfait finit. Un malaise, un coup de fatigue tombe sur moi. Prétexte le voyage. Affronte horizontalement. Jo met une machine en route, prend une douche. Quelqu’un frappe dans la cloison.
Une révolution machinale.
N’obtenant pas de réponse. La benne avale.
Par dépit, je me lave à mon tour. Demande :
- tu as entendu quelque chose quand je n’étais pas là ?
-  non, rien d’anormale. J’ai écouté de la musique. Parfois en bas j’en entendais également. Pas de stress. Je me couchais tôt.
- et le verre ?
- parfois, en allant me coucher. Comme tu le reproche souvent. Je ne fais pas attention à ce qui ce passe autour de moi. Au contraire de toi.
Je me dis : vas y prend ça !
Gifle mentale.
Je ne veux rien, mais j’en prends. Bascule dans la déprime, seul, abandonné.
Mes bourreaux tut, tut.
La liste des stimulis s’allonge. Que sera le prochain. Des créatifs de l’absurde. L’on me punit parce que je désire vivre en paix en toute intimité. L’on dit de moi, que je ne supporte pas la musique et le bruit. Je suis xénophobe. Facile. Il ne m’affronte pas directement. Disperse leur poison. Commère mes propos, ma vie, ma sexualité, mon travail. Me calomnie, détruise mon image dans tout le quartier. M’épie, me sanctionne, m’empêche de vivre. Je ne peux plus clouer, bricoler. Seulement une petite demie heure toute les trois semaines, en journée, rien d'illégale. Une cuisine qui coince, qui grince ; usée, obligé de forcer. La porte qui coupe les deux étages qui ce ferme qu'en claquant. Des robinets qui émettent un "clong" à chaque ouverture. La voisine d'en bas qui s'amuse à répondre par écho, "clong". Mon espace de vie est envahit, réduit. L’ennemi s’approche. Très vite je n’ose plus bouger, respirer. L’agitation culinaire de mon ami me terrifie. Rien ne bouge. Je remets la porte du salon. M'isole encore d'avantage.
Je vois que Mohammed pendant notre absence, n’a pas arrosé les plantes mais fouillé dans l’ordinateur. J’ouvre les tiroirs pour vérifier. Il a touché aux papiers. N’a pu s’en empêcher. Petit frère indiscret, indélicat. Un faux pas. Dans la salle de bains du linge en boule par terre que Jo avais oublié de sortir de la machine à laver dans sa précipitation., mal séché, ça pue le renfermé. Il l'a utilisé, mais ne c'est pas donné la peine d'accrocher nos vêtements pour les faire sécher. Profiteur.
La trahison entre chez moi à grand pas.
Je descends récupérer le courrier. Des lettres traînent par terre, dans la crasse. Des croûtes de farine séchée sont collé dessus. Mon nom à disparut de la boite. On l’a arraché. Je vais voire mon vélo, m’attend au pire. Bien sur dégonflé ; à l’arrière. Plein de poussière. Coincé derrière les poubelles. Je l’en extrait.
Sur la farine de la selle, il y a gravé ; pd. Je remonte en nage. Agrippe l’appareil photo et redescend. Photographie sous le regard à moitié amusé de la belle mère boulangère. Remonte et défonce la porte en la fermant. Je suis rentré maintenant tout le monde le sait.
Tut, tut.

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